Le CRM gratuit fait rêver : démarrer sans sortir un euro, structurer sa prospection, ranger ses contacts au même endroit. La réalité de 2026 est plus nuancée, car le gratuit absolu n’existe pas. Chaque offre dite gratuite est une mécanique pensée pour vous attirer avec une ressource offerte (les contacts, les utilisateurs) puis vous bloquer sur une autre (l’automatisation, le nombre de pipelines, le volume d’emails), jusqu’à rendre le passage payant inévitable à mesure que vous grandissez.

Cela ne veut pas dire que ces plans sont des coquilles vides. Plusieurs restent réellement utilisables sur la durée, à condition de savoir exactement où se situe le mur. Cette page passe au crible les meilleurs CRM gratuits du moment : ce que chacun offre vraiment, le plafond qui le caractérise, et le profil pour qui le gratuit suffit durablement. Et si même un plan gratuit vous semble encore trop engageant, notre modèle de CRM sur Excel peut dépanner quelques mois avant de franchir le pas.

Le tableau comparatif des plans gratuits

Voici, d’un coup d’œil, les principaux plans gratuits du marché et le plafond qui décidera de votre passage au payant.

CRMUtilisateursPlafond principalAutomatisationVrai gratuit à vie ?
HubSpot CRMIllimités1 pipeline, 10 champsNonOui
Brevo1300 emails/jour, 50 affairesMarketing limitéeOui
Bigin de Zoho1500 enregistrements3 instantanéesOui
Freshsales31 pipelineNonOui
Bitrix24IllimitésAutomatisation bloquéeNonOui
Odoo CRMIllimités1 seule applicationSelon l’applicationOui
Capsule2250 contactsNonOui
EngageBay15250 contactsLimitéeOui
Streak1Publipostage 50/jourNonOui
monday CRM23 tableauxNonOui, mais inopérant pour la vente

Un CRM vraiment gratuit, ça existe ?

Oui, et il faut distinguer deux familles. D’un côté, le vrai gratuit à vie : un plan accessible sans limite de durée, souvent sans carte bancaire, tant que vous restez sous ses plafonds. De l’autre, le faux gratuit : un simple essai de quelques semaines, ou un plan si bridé qu’il devient inutilisable pour son usage premier.

La plupart des grands éditeurs proposent aujourd’hui un vrai plan gratuit, mais tous ne se valent pas. Le bon réflexe consiste à repérer dès le départ quelle ressource est offerte généreusement, et laquelle sert de goulot d’étranglement. C’est cette dernière qui décidera du moment où vous paierez.

Les meilleurs CRM gratuits en 2026

HubSpot CRM : le gratuit le plus complet

Aperçu de l'interface de HubSpot CRM
Le tableau de bord de HubSpot CRM.
  • Ce qui est offert : des utilisateurs illimités et jusqu’à un million de contacts stockés, avec un pipeline visuel en glisser-déposer, une fiche contact très riche, la prise de rendez-vous par lien, 2 000 emails par mois et l’assistant IA Breeze pour rédiger des messages et résumer un historique.
  • Le plafond : un seul pipeline, dix champs personnalisés, et surtout aucune automatisation. Le support se limite aux forums.
  • Le piège : un pipeline unique vous interdit de séparer la prospection des renouvellements, et dix champs brident vite la segmentation.
  • Pour qui ça suffit durablement : une startup ou une TPE B2B au processus de vente linéaire, qui veut structurer une petite équipe sans payer de licences.
  • Le premier palier payant : Starter à 20 € par mois et par utilisateur. Hébergement possible en Europe, interface en français impeccable.

Brevo : le gratuit pour vendre et emailer

Aperçu de l'interface de Brevo
Le tableau de bord de Brevo.
  • Ce qui est offert : un seul utilisateur mais jusqu’à 100 000 contacts, un pipeline de vente, un éditeur d’emails multicanal et l’automatisation marketing, limitée à 2 000 contacts dans les scénarios.
  • Le plafond : 300 emails par jour, 50 affaires ouvertes au maximum, le module de vente multi-utilisateurs bloqué et le logo Brevo imposé.
  • Le piège : avec 300 emails quotidiens, une base de 3 000 contacts met une dizaine de jours à recevoir une seule newsletter, qu’il faut relancer manuellement chaque jour.
  • Pour qui ça suffit durablement : l’artisan local ou l’association qui construit une base passive et communique par petites vagues.
  • Le premier palier payant : Starter dès 7 € par mois. Éditeur français, hébergement 100 % européen, conformité RGPD irréprochable et support francophone.

Bigin de Zoho : le gratuit du solo

Aperçu de l'interface de Bigin de Zoho
Le tableau de bord de Bigin (Zoho).
  • Ce qui est offert : un utilisateur, un pipeline, un Kanban visuel parfait, l’application mobile et trois automatisations instantanées.
  • Le plafond : 500 enregistrements au total, en additionnant contacts, entreprises et affaires.
  • Le piège : cette jauge de 500 est atteinte dès le premier import un peu sérieux, et tout se bloque d’un coup.
  • Pour qui ça suffit durablement : le consultant ou l’indépendant qui suit une poignée de clients à forte valeur, sans prospection de masse.
  • Le premier palier payant : Express à environ 7 € par mois, qui propulse la limite à 50 000 enregistrements. Interface en français, hébergement européen.

Freshsales : le gratuit avec téléphonie

Aperçu de l'interface de Freshsales
Le tableau de bord de Freshsales.
  • Ce qui est offert : jusqu’à trois utilisateurs, un pipeline, des fiches contacts, un widget de chat web et la téléphonie native.
  • Le plafond : aucune automatisation et pas d’IA prédictive.
  • Le piège : la téléphonie est gratuite, mais les minutes d’appels sortants se paient en crédits qui gonflent la facture finale.
  • Pour qui ça suffit durablement : une micro-équipe de trois personnes qui mise sur l’appel à froid manuel et veut un historique d’appels intégré.
  • Le premier palier payant : Growth à 9 € par mois et par utilisateur. Interface en français, hébergement européen proposé.

Bitrix24 : le gratuit pour toute l’équipe

Aperçu de l'interface de Bitrix24
Le tableau de bord de Bitrix24.
  • Ce qui est offert : un nombre illimité d’utilisateurs, 5 Go de stockage, un CRM de base, la gestion des tâches et un chat d’équipe. C’est la seule offre du marché à ne pas plafonner le nombre de comptes.
  • Le plafond : l’automatisation et le marketing sont retirés du plan gratuit, et le magasin d’applications tierces reste verrouillé.
  • Le piège : l’interface est dense et la prise en main longue. Le vrai coût se mesure en temps de formation des équipes.
  • Pour qui ça suffit durablement : une entreprise qui veut embarquer tous ses collaborateurs sans payer la moindre licence.
  • Le premier palier payant : Basic à 49 € par mois pour cinq utilisateurs, un tarif forfaitaire et non par siège. Serveurs européens disponibles.

Odoo CRM : le gratuit en une seule application

Aperçu de l'interface d'Odoo CRM
Le tableau de bord d'Odoo CRM.
  • Ce qui est offert : des utilisateurs illimités et l’intégralité du module CRM, via l’offre « One App Free » hébergée sur le cloud Odoo, facturation légale comprise si elle est bien configurée.
  • Le plafond : une seule application autorisée. Tout le reste du catalogue (stocks, support, achats) devient payant.
  • Le piège : dans un progiciel de gestion intégré, tout est lié. Convertir une affaire puis vouloir générer un bon d’expédition vous fait sortir de la seule application gratuite et déclenche la facturation de la plateforme entière, pour tous les utilisateurs enregistrés.
  • Pour qui ça suffit durablement : une entreprise très ciblée qui n’a strictement besoin que de la vente et de la facturation.
  • Le premier palier payant : Standard à environ 31 € par mois et par utilisateur. Multilingue, hébergement souverain européen.

Capsule : le gratuit minimaliste

Aperçu de l'interface de Capsule
Le tableau de bord de Capsule.
  • Ce qui est offert : deux utilisateurs, un pipeline, une structure rapide à prendre en main et dix utilisations de l’assistant IA.
  • Le plafond : 250 contacts et 50 Mo de stockage, avec les intégrations comptables et l’automatisation verrouillées.
  • Le piège : la jauge de 250 contacts transforme vite l’outil en simple bac à sable.
  • Pour qui ça suffit durablement : le freelance qui entretient un réseau réduit et très sélect, par bouche-à-oreille.
  • Le premier palier payant : Starter à 15 € par mois et par utilisateur, qui relève la limite à 30 000 contacts. Interface surtout en anglais, hébergement au Royaume-Uni conforme au RGPD.

EngageBay : le gratuit tout-en-un

Aperçu de l'interface d'EngageBay
Le tableau de bord d'EngageBay.
  • Ce qui est offert : jusqu’à quinze utilisateurs et les trois briques vente, marketing et support, landing pages comprises.
  • Le plafond : 250 contacts et 1 000 emails par mois, avec l’automatisation avancée et le scoring bloqués.
  • Le piège : ouvrir l’accès à quinze personnes pour un portefeuille commun de 250 prospects n’a aucun sens opérationnel. C’est une façon d’installer l’équipe avant de rendre le paiement obligatoire à l’import des données.
  • Pour qui ça suffit durablement : une startup en phase d’idéation qui prépare toute son infrastructure marketing sans pression budgétaire.
  • Le premier palier payant : Basic à environ 14 € par mois et par utilisateur pour 500 contacts, le vrai plan de travail étant le palier supérieur. Serveurs par défaut aux États-Unis, ce qui impose une vigilance sur la signature d’un accord de traitement des données.

Streak : le gratuit dans Gmail

Aperçu de l'interface de Streak dans Gmail
Le tableau de bord de Streak, intégré à Gmail.
  • Ce qui est offert : un CRM qui vit entièrement dans Gmail sous forme d’extension, avec le suivi d’ouverture des emails, les modèles, le publipostage à 50 envois personnalisés par jour et un pipeline privé.
  • Le plafond : impossible de partager ses pipelines avec une équipe, automatisation et rapports réservés aux plans payants.
  • Le piège : dès la première recrue, partager son pipeline fait passer d’un outil gratuit à près de 100 € par mois pour deux licences Pro.
  • Pour qui ça suffit durablement : le solopreneur dont toute l’activité se déroule dans Google Workspace.
  • À noter : l’outil est exclusif à l’écosystème Google et incompatible avec Outlook.

monday CRM : l’illusion du gratuit

Aperçu de l'interface de monday CRM
Le tableau de bord de monday CRM.
  • Le cas à connaître pour ne pas se tromper. Le plan gratuit existe bien, mais il est inopérant pour la vente : deux utilisateurs, trois tableaux, et aucune automatisation, alors que c’est justement le cœur de l’outil.
  • Le piège : dès l’abonnement, les licences s’achètent par blocs de trois minimum, soit environ 36 € par mois pour le premier palier Basic.
  • Pour qui : deux associés qui s’en servent comme simple tableau de tâches, certainement pas comme moteur commercial.

Pour quel profil le gratuit suffit-il vraiment ?

Le bon CRM gratuit dépend entièrement de votre profil et de la ressource dont vous avez le plus besoin.

  • Vous êtes indépendant ou consultant avec peu de clients à forte valeur : Bigin de Zoho offre la gestion de transactions la plus fluide, Capsule la structure la plus minimaliste.
  • Vous voulez équiper toute une équipe sans budget : Bitrix24 et Odoo sont les seuls à ne pas facturer à l’utilisateur, donc les seuls réellement indolores à l’échelle.
  • Vous devez stocker une grosse base de contacts : HubSpot reste intouchable avec son million de contacts gratuits.
  • Vous réalisez votre chiffre par l’emailing, en e-commerce ou en association : Brevo combine vente et emailing avec une souveraineté des données française.
  • Votre métier repose sur l’appel à froid : Freshsales intègre la téléphonie nativement.
  • Vous vivez dans Gmail : Streak ne vous fera jamais quitter votre boîte mail.

Quel que soit le candidat, appliquez d’abord nos critères pour bien choisir avant de vous engager : un gratuit mal adapté coûte plus cher en temps qu’un payant bien choisi.

Les signaux qu’il faut passer au payant

Le plan gratuit est un tremplin, pas une destination. Plusieurs signaux annoncent que le plafond est atteint :

  • Vous saturez la jauge de contacts ou d’enregistrements, par exemple 250 chez Capsule et EngageBay, 500 chez Bigin.
  • Vous avez besoin d’un deuxième pipeline pour séparer des activités, là où le gratuit n’en autorise qu’un.
  • Vous voulez automatiser vos relances ou vos séquences, une fonction presque toujours réservée au payant.
  • Vous devez travailler à plusieurs, alors que beaucoup de plans gratuits restent mono-utilisateur.
  • Votre volume d’emails dépasse le plafond quotidien, ou vous souhaitez retirer le logo de l’éditeur.

Anticipez ces seuils en chiffrant dès aujourd’hui le premier palier payant en euros : cela évite la migration subie et coûteuse l’année suivante. Méfiez-vous aussi des coûts annexes qui n’apparaissent pas dans le prix affiché : frais d’accompagnement obligatoires chez certains éditeurs, licences vendues par blocs, crédits d’appels ou d’IA facturés à part, ou hébergement hors d’Europe qui impose une vigilance supplémentaire sur la protection des données.

Questions fréquentes

Un CRM gratuit est-il vraiment gratuit ?

Oui, plusieurs plans sont gratuits à vie, souvent sans carte bancaire. Mais chacun impose un plafond, sur le nombre de contacts, d'utilisateurs ou de pipelines, ou par l'absence d'automatisation, conçu pour vous faire basculer vers le payant à mesure que vous grandissez.

Quel est le meilleur CRM gratuit ?

Il n'y en a pas un seul : tout dépend du besoin. HubSpot pour une base de contacts volumineuse, Brevo pour l'emailing et la souveraineté française, Bigin pour un solo, Bitrix24 pour équiper toute une équipe sans licence.

Un CRM gratuit suffit-il à une TPE ?

Souvent oui, tant que le volume reste modeste et les besoins simples. Le payant devient utile dès qu'il faut automatiser, gérer plusieurs pipelines, travailler à plusieurs ou dépasser le plafond de contacts.

Le plan gratuit de monday est-il utilisable ?

Un plan gratuit existe, mais il est inopérant pour la vente : deux utilisateurs, trois tableaux et aucune automatisation. Il convient comme tableau de tâches, pas comme CRM commercial.